lundi 22 février 2016

Paul Tessier, fils de Jacques Tessier et Marie Adhémar


Le traité de la Grande Paix de Montréal a été signé à Montréal en 1701 par le Sieur de Callière, représentant la France, et par 39 nations amérindiennes. Ce traité mettait fin aux guerres intermittentes du XVIIe siècle et marquait un tournant dans les relations franco-amérindiennes.

À Montréal, les Tessier portent un garçon, Paul, le 22 octobre 1701, issu de Jacques et Marie Adhémar, à l'église Notre-Dame pour le baptême.  Le parrain est Paul Tessier, oncle de l'enfant; la marraine, Michelle Cusson.  M. le curé René-Charles DeBreslay baptise l'enfant.

Le 19 avril 1728, Paul épouse Jeanne Lefebvre, veuve Décary, à Montréal,  en présence de plusieurs notables de la ville.  L'union est bénie par le sulpicien Jean-Gabriel-Marie du Lescöat, un saint homme à qui l'on attribua plus tard quelques guérisons miraculeuses.

En 1720, Paul Tessier entame un apprentissage de 3 ans avec le maître-maçon Jean-Baptiste Deguire, dont la clientèle inclut le Séminaire et plusieurs marchands bourgeois de Montréal.  Il s'installe à son compte dès janvier 1725, rue St-Jacques, et signe un premier contrat pour la construction d'une maison de pierre à la Longue-Pointe.  Des cheminées, des fours à pain, des fondations de maison sont le lot de ses engagements.

Comme les cousins Tessier, il prend part à quelques expéditions vers l'Ouest pour ramener des fourrures à Montréal et amasser le capital nécessaire à son établissement comme artisan indépendant et chef de famille.  Il passe l'hiver 1726 dans la région de Michillimakinac et revient à Montréal au début de l'été 1727 où il acquiert un lot et une maison voisine à celle de son père, rue St-Jacques,  face à la Place d'Armes.

   En 1737, Tessier réussit bien comme maître constructeur à Montréal : il emploie trois maçons et un apprenti. Le plus souvent il travaille à des maisons privées, la plus fameuse d’entre elles étant le château de Ramezay, qu’il répare et agrandit en 1740–1741. En 1749, il entreprend la construction du « hangar du roi » près de la porte Beauharnois. Cette structure de pierre, de deux étages et demi, comporte une cave voûtée de 120 pieds sur 40. Elle constitue la plus grande réalisation de Tessier. En 1756, il s’engage par contrat à restaurer et agrandir la résidence de la Compagnie des Indes, à Montréal, et à lui donner une entrée en pierre taillée, « pareille à celle de l’Intendance ». Pour chacun de ces projets, Tessier loue des maçons et des manœuvres, et passe des sous-contrats avec des fournisseurs de bois et des transporteurs de sable et de cailloux.

    Son entreprise procure à Tessier une existence confortable, que révèle l’inventaire des biens de la communauté auquel on procéde en 1760, après la mort de sa femme. Sa maison est ornée d’horloges, de bustes en plâtre et de perroquets, et d’une peinture de la Vierge. Tessier dort dans un lit luxueux, d’une valeur de 600ª, et mange à une table sur laquelle apparaissent des verres à vin, un service en argent, des tasses à café ainsi que des assiettes en porcelaine. Toutefois, ce constructeur, à demi illettré, ne possède pas de livres. En soustrayant les aliments, surévalués à 2 417ª, Tessier posséde en biens meubles 5 421ª 9s., et il devait 3 300ª. Pour son malheur, il détient des lettres de change du gouvernement pour une valeur nominale de 18 720ª. De plus, il achète davantage encore de ces papiers sans valeur, avant la cession du Canada à la Grande-Bretagne, et perd une forte somme d’argent quand le gouvernement français refuse de faire honneur à ces effets. La malchance s'acharne, le feu détruit la maison de Tessier en avril 1768, et on doit vendre plusieurs de ses biens restants lors d’une poursuite intentée par le marchand John Porteous, vraisemblablement pour dettes. Sa fortune envolée, Tessier semble être allé vivre chez les enfants de son oncle Paul Tessier, dit Chaumine, à Longue-Pointe, où il meurt.


Paul Tessier, veuf depuis 17 ans,  âgé de 74 ans, meurt à Montréal le 27 mars 1776.

source Parchemin; Les Prêtres de St-Sulpice au Canada; Peter N. Moogk      AN, Col., F3, Cartes et plans, 82, 85 (mfm aux APC).— ANQ-M, Doc. jud., Juridiction de Montréal...











Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire