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lundi 26 janvier 2026

Lambert CLOSSE

CLOSSE, RAPHAËL-LAMBERT (on le désignait fréquemment sous le seul prénom Lambert), marchand, notaire seigneurial, sergent-major de la garnison de Ville-Marie, gouverneur intérimaire de Montréal, né vers 1618 à Saint-Denis de Mogues, dans les Ardennes, fils de Jean Closse et de Cécile Delafosse ; il épousa Élisabeth Moyen en 1657 ; tué à Montréal le 6 février 1662 et inhumé au même endroit le jour suivant.

Nous ignorons ce que fut la jeunesse de Lambert Closse, tout comme les détails concernant sa famille. Il a certainement reçu une bonne instruction, peut-être chez les Jésuites, si nous nous souvenons de l’affection que lui portèrent les missionnaires du Canada. Ils lui écrivaient en toute confiance, à l’occasion. Nous pouvons croire de même que sa carrière militaire débuta assez tôt. Elle le munit d’une science solide et de beaucoup d’expérience dans le métier. L’autorité que lui concéda M. de Chomedey de Maisonneuve sur les soldats de la garnison du fort et son titre de sergent-major, qu’il conserva de 1648 à sa mort, expliquent un peu les louanges que Dollier* de Casson fait constamment de sa vaillance.

Il est difficile de fixer avec précision la date de l’arrivée de Closse dans la colonie. M. Massicotte signale sa présence à Ville-Marie en 1648, en s’appuyant sur la pièce notariale qu’il signait le 2 mai à l’étude de Jean de Saint-Père. Il dut arriver un an plus tôt avec la recrue que M. de Maisonneuve avait emmenée de France. Du reste, M. Massicotte ne mentionne aucun nouveau colon en cette année 1648. Un texte de soeur Marie Morin* ne peut que laisser l’historien perplexe : « Monsieur de Chomedey, qui ne cherchait qu’à glorifier Dieu et travailler à sa propre sanctification et à celle des personnes qui Dieu luy avoit [uni] dans son oeuvre s’appliqua à establir plusieurs petites pratiques de vertu et de dévotion, simples et humbles à quoy il fesoit tout aboutir ; il composa une fraternité de cinq frères et de cinq sœurs, il se mit le premier des frères avec Monsieur Lambert Closse, Monsieur Lucau, Monsieur Minime Barbier, Monsieur Prudhomme ; les sœurs estois Madame d’Alleboust, Madame de La Peltrie, Mademoiselle Mance, Mademoiselle de Boulogne, Mademoiselle [Charlotte Barré] que j’ay dit servir Madame de La Peltrie ; ils ne s’appelois que frères et sœurs, s’étudiois à se déférer en tout, à servir tous les autres, quand ils auroient besoin d’eux, à les consoler, à servir les malades, & ; ils firent quantité de neuvaines et pélerinages à la montagne, à pied, et dans le risque de leur vie à cause des Iroquois ».

La présence à Ville-Marie de certains des colons ci-haut mentionnés nous livre la date de ces pieuses excursions. Mme d’Ailleboust [Boullongne] et sa sœur n’arrivèrent à Ville-Marie qu’en septembre 1643 ; Mme de La Peltrie [Chauvigny] et sa suivante, Charlotte Barré, étaient déjà de retour à Québec en été 1644. Donc, de septembre 1643 à mai 1644, sur les dix personnages désignés par sœur Morin, huit habitaient Ville-Marie, sans contestation possible. Restent Lambert Closse et Louis Prud’homme, dont il faut prouver la présence à Montréal à la date de 1643. Tout ce qu’on peut dire, c’est qu’il se pourrait qu’ils aient fait partie de la recrue de 40 colons conduite cette année-là au Canada par Louis d’Ailleboust.

M. Massicotte décline ainsi les titres et qualités de Lambert Closse : sergent-major, marchand, notaire. Si ce militaire de carrière fit du commerce, quelle en fut la nature ? Un seul document jette un peu de lumière sur la question : l’inventaire des biens meubles et immeubles de Lambert Closse, dressé en 1662 par le notaire Bénigne Basset, indique que le sergent-major de Ville-Marie faisait la traite avec les Amérindiens, comme tous ses contemporains. P.-G. Roy fournit à ce sujet l’explication suivante : « Quelques-uns peu au fait des mœurs et des coutumes du temps où vivait Closse ont été presque scandalisés à la lecture de ce document. Comment, disaient ces scrupuleux, un héros comme Lambert Closse pouvait-il faire la traite ? Eh bien ! oui, Closse faisait la traite comme tous ses contemporains. Les officiels, les communautés religieuses même faisaient la traite à cette époque. Ce système faux, avouons-le, le roi le permettait et l’encourageait. Il donnait des salaires de famine à ses officiers, à ses juges, à tous ceux qu’il employait et ceux-ci, pour ne pas crever de faim étaient obligés de faire la traite. Les uns la faisaient avec discrétion, avec honnêteté, les autres se servaient de tous les moyens pour augmenter leur pécule. [...] L’inventaire de Closse [...] nous donne la liste à peu près complète de tous les objets qui servaient à la traite ».

Jean de Saint-Père et Lambert Closse, les deux premiers tabellions de Montréal, devaient être, d’après M. Massicotte, du même âge. Ils exercèrent leur profession, en tout cas, de façon alternative. Le premier acte de l’étude de Jean de Saint-Père est daté du 4 janvier 1648, et celui du greffe de Lambert Closse l’est du 6 juillet 1651. L’étude de Closse se compose, de 1651 à 1656, de 30 actes, dont 16 sont de l’écriture de M. de Maisonneuve, 6 d’un scribe inconnu et les autres de M. Closse. M. Massicotte remarque : « Le manuscrit de M. Closse ressemble passablement à celui de M. de Saint Père, il en diffère par quelques fautes d’orthographe spéciales à notre militaire, et par l’écriture qui est plus légère et plus déliée. »

Nul ne peut contester à Lambert Closse le titre de sauveur de Montréal durant les années où la terreur iroquoise paralysa tout progrès et décima la population. En 1651, « il n’y reste en tout qu’environ cinquante François », disent les Relations. Dans des circonstances aussi tragiques, Lambert Closse s’est montré un chef d’une trempe héroïque, d’une volonté sans défaillance, dont les plus grands périls exaltaient les qualités au lieu de les affaiblir, et qui savait maintenir les soldats dans une atmosphère de vaillance rendant la moindre action efficace.

Les écrits du temps ont été unanimes dans la louange, la gratitude, l’admiration. Des narrations longues et circonstanciées le prouvent ; il y passe un souffle d’enthousiasme que nous percevons encore aujourd’hui. Les Jésuites, Dollier de Casson, Marie de l’Incarnation [V. Guyart], Marguerite Bourgeoys, sœur Morin, mère Juchereau* de Saint Ignace, tous ont immortalisé par leurs récits les exploits et le nom de Lambert Closse.

Des circonstances dramatiques entourèrent le mariage de Lambert Closse, qui avait 39 ans, avec Élisabeth Moyen, âgée de 16 ans. En 1655, alors qu’Élisabeth vivait chez ses parents, à l’île aux Oies, en bas de Québec, un parti d’Iroquois y surgit soudain. Son père et sa mère, Jean-Baptiste Moyen Des Granges et Élisabeth Le Bret, furent massacrés sur place ; Élisabeth et sa sœur Marie furent conduites en captivité dans un bourg des Onontagués. On ne tarda pas à apprendre cette histoire à Ville-Marie. Les Montréalistes, qui luttaient sans cesse contre des bandes iroquoises, exercèrent alors une surveillance étroite sur leurs ennemis. Ils espéraient y découvrir quelque jour les assassins de la famille Moyen ; ce qui arriva du reste, au retour de Québec de Charles Le Moyne, qui en reconnut quelques-uns. Dollier de Casson a raconté les péripéties du combat qui s’engagea aussitôt et où la ruse, la finesse de Charles Le Moyne, la clairvoyance de Maisonneuve et la bravoure de Lambert Closse et de ses soldats assurèrent la victoire. Elle fut suivie de l’échange de plusieurs capitaines iroquois détenus au fort contre tous les prisonniers français que retenaient les Onontagués. C’est ainsi qu’arrivèrent à Ville-Marie les petites Moyen, à moitié mortes de frayeur et de chagrin. Jeanne Mance les accueillit à son Hôtel-Dieu, et ses soins les rétablirent peu à peu.

À l’automne de cette même année 1655, MM. de Maisonneuve et Louis d’Ailleboust quittèrent Ville-Marie pour la France. En l’absence de M. de Maisonneuve, ce fut Lambert Closse qui commanda à Ville-Marie. Il est à présumer que ce gouverneur intérimaire fit de nombreuses visites à l’Hôtel-Dieu, car Jeanne Mance, avec son jugement et cette faculté qu’elle possédait de prévoir les difficultés et souvent de les résoudre, était une conseillère appréciée de tous. Lambert Closse eut alors l’occasion de voir Élisabeth Moyen et de causer avec elle. Les sentiments de reconnaissance de celle-ci pour un de ses sauveurs se muèrent peu à peu en affection. Le 12 août 1657, le mariage de Lambert Closse et d’Élisabeth Moyen fut célébré par le père Claude Pijart, jésuite, dans la paroisse Notre-Dame de Montréal.

M. de Maisonneuve revint au Canada le 29 juillet 1657 en compagnie de Louis d’Ailleboust et de quatre sulpiciens. Le retour du gouverneur donnait un peu plus de liberté à Lambert Closse. Il s’empressa d’installer sa jeune femme le plus confortablement possible. Il était propriétaire d’une terre de 30 arpents, qu’il avait acquise le 10 mars 1652. L’acte de vente fut passé devant Nicolas Gastineau Duplessis. Six mois après son mariage, soit le 2 février 1658, Lambert Closse se vit concéder, par M. de Maisonneuve, à titre de fief, « 100 arpents, commençant à 10 perches de la grande rivière, sur 40 perches de large. » Ce fief partait de la rue Saint-Laurent, et c’est en l’honneur de Lambert Closse que la côte Saint-Lambert porte ce nom.

Deux enfants naquirent au foyer des Closse. L’aînée, Élisabeth, née dans les premiers jours d’octobre 1658, mourut le jour même de sa naissance ; la cadette, Jeanne-Cécile, née en 1660, eut Jeanne Mance comme marraine. Elle épousa en 1678 Jacques Bizard, major à Montréal et seigneur de l’île Major (Bizard), qui mourut en 1692. Jeanne-Cécile se remaria en 1694, avec Raymond Blaise* Des Bergères de Rigauville.

C’est le 6 février 1662 que disparut Lambert Closse, « tué par une bande d’Iroquois, lors qu’il alloit au secours de quelques François qui estoit en danger. » Ce « brave Mons. Closse, écrit Dollier de Casson, [...] mourut en brave soldat de J.C. et de notre Monarque, après avoir mille fois exposé sa vie fort généreusement, sans craindre de la perdre en de semblables occasions, ce qu’il fit bien voir à quelques-uns qui lui disoient peu avant sa mort, – « qu’il se feroit tuer vu la facilité avec laquelle il s’exposoit partout pour le service du pays » – à quoi il répondit – « Messieurs, je ne suis venu ici qu’afin d’y mourir pour Dieu en le servant dans la profession des armes, si je n’y croyois pas mourir je quitterois le pays pour aller servir contre le Turc et n’être pas privé de cette gloire. »

La Relation de 1662, pour l’édification de la postérité, fait aussi l’éloge funèbre du héros : « C’estoit un homme dont la pieté ne cedoit en rien à la vaillance, & qui avoit une presence d’esprit tout à fait rare dans la chaleur des combats [...] & a justement merité la loüange d’avoir sauvé Montréal & par son bras, & par sa reputation : de sorte qu’on a jugé à propos de tenir sa mort cachée aux ennemis, de peur qu’ils n’en tirassent de l’avantage. Nous devions cet Eloge à sa Memoire, puis que Montreal luy doit la vie. »

Nous ne connaissons aucun portrait authentique du major de Ville-Marie. Une représentation imaginaire de Lambert Closse a été faite par le sculpteur Louis-Philippe Hébert* et fait partie du monument de Maisonneuve à Montréal.

Marie-Claire Daveluy
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sources
AJM, Greffe de Bénigne Basset, 22 nov. 1659, 8, 20 févr. 1662, 1er, 27 févr. 1667 ; Greffe de Lambert Closse, 1651–56 ; Greffe de Jean de Saint-Père, 1648–51, 1655–57, passim.— AJTR, Greffe de Nicolas Gastineau, 10 mars 1652.— Dollier de Casson, Histoire du Montréal.— JJ (Laverdière et Casgrain).— JR (Thwaites).— Morin, Annales (Fauteux et al.).— Premier registre de l’église Notre-Dame de Montréal (Montréal, 1961).— Aristide Beaugrand-Champagne, Les Origines de Montréal, Cahiers des Dix, XIII (1948) : 57.— Faillon, Histoire de la colonie française.— É.-Z. Massicotte, Les Actes des trois premiers tabellions de Montréal, 1648–57, MSRC, IX (1915), sect. i : 189–204 ; Les Colons de Montréal de 1642 à 1667, MSRC, VII (1913), sect. i : 3–65 ; et BRH, XXXIII (1927) : 238s. ; Les Premières Concessions de terre à Montréal, sous M. de Maisonneuve, 1648–1665, MSRC, VIII (1914), sect. i : 215–229 ; L’inventaire des biens de Lambert Closse, BRH, XXV (1919) : 16–31 ; Mémento historique de Montréal, 1636–1760, MSRC, XXVII (1933), sect. i : 111–131.— P.-G. Roy, Toutes Petites Choses du régime français (2 vol., Québec, 1944), I : 69–73.— Félicité Angers [Laure Conan], L’Oublié (Montréal, 1900). [Ce roman historique, que nous qualifions à l’occasion de biographie romancée de Lambert Closse à cause de l’exactitude des faits et de la vérité du caractère des personnages, est d’une tenue classique. Les portraits, dont le dessin est très ferme, prennent vite un relief saisissant et apparentent l’œuvre à quelque fresque dont les personnages possèdent encore une vie intense. m.-c. d.]

Bibliographie de la version révisée :
Bibliothèque et Arch. nationales du Québec, Centre d’arch. de Montréal, CE601-S51, 12 août 1657, 7 févr. 1662 ; CN601-S92, 13 févr. 1654.

Bibliographie générale© 1966–2026 Université Laval/University of Toronto
Collection d’images



 

dimanche 3 août 2025

Fiacre DUCHARME


Fiacre (Ducharme) Ducharne dit Lafontaine a des origines françaises.


Fiacre Ducharme ou Ducharne dit Lafontaine

Note Il est incertain si son nom à la naissance est Ducharne ou Ducharme, les registres de Paris ayant brûlé dans les années 1870. Son frère Jean est noté comme signant les actes notariaux à Paris Ducharne. Fiacre ne peut signer. Les baptêmes de ses enfants se lisent clairement Ducharne.[1]

Fils de Toussaint Ducharme et de Jacqueline Drouet, de la paroisse de St-Benoît de Paris, Fiacre nait vers 1625, il a 15 ans lorsqu'il est mis comme apprenti menuisier chez Regnault Petit-Colot en 1640 (voir actes de Paris). Il est l'oncle de Catherine Ducharme qui sera Fille du Roy, et fut présent au mariage de sa nièce en 1672.[2]

Fiacre est engagé comme menuisier par contrat devant le notaire La Fosse le 23 mars 1653 à La Flèche pour venir à Montréal pendant 3 ans. Il arrive à Montréal le 16 novembre 1653. Il fait partie de ce qui est connu comme La Grande Recrue de 1653.[3][4][5]

Drapeau identifiant les profils du Canada, Nouvelle-France
Fiacre (Ducharme) Ducharne dit Lafontaine a vécu
au Canada, Nouvelle-France.
Fiacre reçut une concession du sieur Paul de Chomedey de Maisonneuve à une date inconnue, cette concession sera enregistrée par Antoine Adhémar en 1704 avec de nombreuses autres concessions du sieur de Maisonneuve. En 1657 il achète une maison et terrain de Louis de la Saudraye devant Jean de Saint-Père. Il fera aussi diverses transactions devant le notaire Bénigne Basset au fil des ans.[6] En 1672 il reçut une concession des jésuites à la prairie Saint-Claude (voir BAnQ ci-bas). Le lieu exact est difficile à identifier, les jésuites étaient seigneurs de La Prairie de la Magdeleine, qui incluait ce qui deviendra plus tard Saint-Lambert. Il se peut que cette concession se trouve près de ce qui est connu comme le ruisseau Saint-Claude aujourd'hui. Possiblement que cette concession échut à son fils Louis, qui décède à La Prairie dans un combat en 1691.

Mariage
Le 2 janvier 1659 Fiacre Ducharme et Marie Pacreau firent un contrat de mariage devant le notaire Bénigne Basset.[6]


Le 13 janvier 1659 à Notre-Dame de Montréal a été fait et solemnisé le mariage de Fiacre Ducharne dit La Fontayne, parisien menuisier, fils de défunt Toussaint Ducharne et de Jacqueline Deroy (sic), avec Marie Pacrau, fille de défunt Jacques Pacrau et de Debbora Bolet, du bourg de Critel, diocèse de Xaintes, les trois bans ayant été publiés sans opposition, le mariage fait en présence de Gilbert Barbier maître charpentier, Jean Gervaise marguillier, Nicolas Godé menuisier, amis de l'époux, Jacques Le Moyne marchand et de plusieurs autres amis communs des époux, les époux ne pouvaient signer. Les 4 témoins nommés signent l'acte, le prêtre a omis de signer.[7][8] Il s'agit vraisemblablement de Gabriel Souart, qui fit l'acte précédent et le signa, l'écriture étant la même.

Enfants du mariage

Louis Ducharne 1660-1691 (marié)
Pierre Ducharne 1662-1662
Pierre Ducharne 1663-1691 (marié)
Claude Ducharne 1666-1684
Marie Madeleine Ducharne 1668-1687 (mariée)
Pierre Ducharne 1672-après recensement 1681
Marie Angélique Ducharne 1673-1742 (mariée)[1][5]
Seuls Louis, Pierre et Angélique auront de la descendance. Louis et Pierre décèderont tôt, leurs épouses se remarieront par la suite.[1][5] Un acte de tutelle en 1701 nomme les héritiers alors (voir BAnQ ci-bas).

Recensement 1666: MONTRÉAL
Fiacre Du Charme, 38, menuisier, habitant ; Marie Pacrau, 38, sa femme ; Louis, 5 ; Pierre, 2.[9]

Recensement 1667: ILE DE MONTRÉAL DE LA NOUVELLE-FRANCE.
Fiacre Du Charme, 40 ; Marie Pascraux, sa femme, 35 ; Louis, 7 ; Pierre, 3 ; Claude, 1 ; 3 bestiaux, 18 arpents en valeur.[9]

Décès
Fiacre Ducharne, maître menuisier, est inhumé le 17 mars 1677 à Montréal (ND), pris chez les __ , Claude Raimbaut aussi maître menuisier.[7][10][5] (L'acte semble une transcription faite par le prêtre même, avec de larges blancs laissés pour l'âge etc. Non signé.

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Biographie
Sources
↑ 1.0 1.1 1.2 1.3 1.4 1.5 Quebec, Vital and Church Records (Drouin Collection), 1621-1997 - Drouin IGD
↑ 2.0 2.1 Marriage Pierre Roy - Catherine Ducharme image IGD
↑ 3.0 3.1 Mes ancêtres: La grande recrue de 1653, Jacques Desautels SGCF
↑ 4.0 4.1 4.2 Fichier Fiacre Ducharme 2019 Fédération québécoise des sociétés de généalogie//Québec Federation of Genealogical Societies
↑ 5.0 5.1 5.2 5.3 5.4 5.5 5.6 5.7 Dictionnaire généalogique des familles du Québec des origines à 1730, René Jetté, avec la collaboration du PRDH, 1983, Presses de l'Université de Montréal, pg 372 (Ducharme) (membership IGD)
↑ 6.0 6.1 6.2 6.3 6.4 6.5 6.6 6.7 6.8 6.9 BAnQ Notarial acts index Inventaire des greffes des notaires du régime français, par Pierre Georges Roy et Antoine Roy; 27 Vol + index 1-8
↑ 7.0 7.1 7.2 7.3 Source: #S-1248027272 Page: Volume: Vol. 1 Sect. 1 : A-Hel; Page: 207 APID: 1,2177::230390
↑ 8.0 8.1 Mariage image IGD
↑ 9.0 9.1 9.2 9.3 Recensements de 1666-1667 en Nouvelle-France, référant au chapitre IV du livre Histoire des Canadiens Français de Benjamin Sulte, compilés par Jean-Guy Sénécal (senecal@gel.ulaval.ca) le 17 mars 1998
↑ 10.0 10.1 Sépulture-Funeral image IGD
↑ Source: #S-1328730521 Page: Place: Montreal; Page Number: 417 APID: 1,7486::1539374
↑ Source: #S-1248027272 Page: Volume: Vol. 1 Sect. 1 : A-Hel; Page: 207 APID: 1,2177::230390
↑ Source: #S-1328730521 Page: Place: Montreal; Page Number: 417 APID: 1,7486::1539374
↑ DGFQ, p. 372 ; DGFC, vol. 1, p. 207
↑ 15.0 15.1 15.2 15.3 15.4 15.5 15.6 15.7 Les familles pionnières de la Nouvelle-France dans les archives du Minutier central des notaires de Paris, Présentées et annotées par Marcel Fournier, Auteur Jean-Paul Macouin, Société de recherche historique Archiv-Histo, 2016. pg 73-4
↑ 24 février 1672 Cote : E21,S64,SS5,SSS15,D10,P12 Fonds Ministère des Terres et Forêts - BAnQ Québec Id 276143
↑ 22 janvier 1676 Cote : E21,S64,SS5,SSS15,D1,P111 Fonds Ministère des Terres et Forêts - BAnQ Québec Id 277177
↑ 14 décembre 1700 - 10 février 1701 Cote : TL4,S1,D461 Fonds Juridiction royale de Montréal - BAnQ Vieux-Montréal Id 697811
Actes d'état civil et registres d'église du Québec (Collection Drouin), 1621 à 1997 - Gabriel Drouin, comp. Drouin Collection: Institut Généalogique Drouin IGD (membership) https://www.genealogiequebec.com
Source: S-1248027272 Repository: #R-1555524849 Title: Quebec, Genealogical Dictionary of Canadian Families (Tanguay Collection), 1608-1890
Source: S-1328730521 Repository: #R-1555524849 Title: Passenger and Immigration Lists Index, 1500s-1900s Author: Gale Research Publication: Online publication - Provo, UT, USA: Ancestry.com Operations, Inc, 2010.Original data - Filby, P. William, ed. Passenger and Immigration Lists Index, 1500s-1900s. Farmington Hills, MI, USA: Gale Research, 2010.Original data: Filby, P. William, ed. Passenge Note: APID: 1,7486::0

 

Charles Le Moyne de Longueuil

Charles Le Moyne de Longueuil et de Châteauguay, né à Dieppe en Normandie (France) le 2 août 1626 et mort à Montréal (Nouvelle-France) en février 1685[1], fut une figure marquante des débuts de l'histoire de Montréal. Il fut à la fois interprète pour les langues amérindiennes, officier, négociant et seigneur. Le territoire qu'il s'est vu concéder en 1657 sur la rive sud du Saint-Laurent, à l'est de Montréal, est à l'origine de la ville de Longueuil.

Biographie
Interprète auprès des Amérindiens
Charles le Moyne est le fils de Pierre Le Moyne (ou Lemoine), aubergiste français, et de Judith Du Chesne (ou Duchesne), originaires de Longueil ou possédant des terres à Longueil, situé à une douzaine de km de Dieppe, d'où le pseudonyme de sieur de Longueil. Il serait venu en Nouvelle-France grâce à son oncle maternel, le chirurgien Adrien Du Chesne. Il arrive en Nouvelle-France en 1641 et, à 15 ans, est reçu comme « donné » par les jésuites de la mission en Huronie. Il vit quatre ans à Sainte-Marie-au-pays-des-Hurons et y apprend des langues amérindiennes. En 1645, il est interprète, commis et soldat à la garnison de Trois-Rivières[2].

Un des premiers chefs militaires de Montréal
En 1646, il se fixe définitivement à Ville-Marie, qui deviendra Montréal. Il est, avec Pierre Picoté de Belestre, l'un des chefs militaires du petit village de Montréal et engage d'incessantes escarmouches avec les Iroquois (de 1648 à 1666)[2].

Il montre notamment son courage en mai 1651 en accourant, avec deux autres Français, pour délivrer les époux Catherine Mercier et Jean Boudard, malgré la présence d'une quarantaine d'Iroquois. Il ne peut toutefois délivrer Catherine Mercier, qui est amenée captive par ses ravisseurs et brûlée vive deux mois plus tard, après qu'on lui ait arraché les seins et coupé les oreilles et le nez[3],[4].

En janvier 1666, Le Moyne commande avec Pierre Picoté de Belestre les habitants de Ville-Marie qui servent d’avant-garde à l’expédition du gouverneur Daniel de Rémy de Courcelle en pays iroquois. À l’automne, il est à la tête des colons de Montréal dans la campagne contre les Agniers menée par le lieutenant-général de Prouville de Tracy[2].

À l’été 1671, il est l'interprète de Daniel de Rémy de Courcelle lors de son expédition au lac Ontario. Il joue à cette époque un rôle diplomatique important entre la Nouvelle-France et les Indiens (notamment en 1682–1683)[2].

Seigneur et négociant

Monument de Charles Le Moyne, chemin de Chambly dans le Vieux-Longueuil
En 1654, Charles Le Moyne reçoit de Chomedey de Maisonneuve une concession de 90 arpents de terre, appelée depuis ce temps Pointe-Saint-Charles, et un emplacement, rue Saint-Paul, où il réside pendant 30 ans[2].

En 1657, la famille de Lauson lui octroie, sur la rive sud de Montréal, un fief taillé à même l’immense seigneurie de La Citière ; le fief est agrandi en 1665 (île Sainte-Hélène et île Ronde)[2].

En 1672, les titres de sa seigneurie de Longueuil sont confirmés et accrus. En 1673, il reçoit une concession à Châteauguay. En 1676, Le Moyne réunit tous ses fiefs sous le nom de Longueuil[2].

En 1679, avec son beau-frère et associé de commerce, Jacques Le Ber, il acquiert le fief Boisbriand appelé Senneville[2].

En 1682, il est l’un des actionnaires de la Compagnie du Nord[2].

En 1684, il achète le fief de l’Île-Perrot[2].

À l’été de la même année, avec l'aide du père Jean de Lamberville, il contribua à sauver l'expédition du gouverneur de La Barre contre les Iroquois en amenant ces derniers à négocier la paix[2].

En 1668, Le Moyne reçoit ses lettres de noblesse. « Non enregistrées dans les délais prescrits et, partant, théoriquement annulées, ces lettres furent néanmoins reconnues par les autorités coloniales et par le roi lui-même[2].» En 1683, La Barre, en raison de ses mérites dans la guerre contre les Iroquois, le recommande pour le poste de gouverneur de Montréal[2].

Il meurt en février 1685 et est inhumé dans la crypte de l’église Notre-Dame de Montréal. Il était « le plus riche citoyen du Montréal de son temps[2]».

« Tout ce que Le Moyne pouvait ramasser, il ne le dépensait pas dans une vie dissolue, comme c'était le cas de tant de ses contemporains, mais était investi dans des améliorations à la production. C'est ainsi qu'il devint le possesseur d'une seigneurie modèle. »[5]

Famille et descendance

Charles Le Moyne et sa famille chemin de Chambly, Vieux-Longueuil
Charles le Moyne épouse à Ville-Marie le 28 mai 1654 Catherine Thierry (1640–1690), fille adoptive d’Antoine Primot et de Martine Messier. Ils eurent 2 filles et 12 fils, presque tous célèbres[2] :

Charles II Le Moyne de Longueuil, Gouverneur de Montréal (1656–1729)
Jacques Le Moyne de Sainte-Hélène né le 16 avril 1659, capitaine d'une compagnie de la Marine, mortellement blessé en 1690 en sauvant Québec.
Pierre Le Moyne d'Iberville (1661–1706), héros de la Nouvelle-France, fondateur de la Louisiane.
Paul Le Moyne de Maricourt, né le 15 décembre 1663, enseigne de vaisseau et capitaine d'une compagnie de la Marine, mort de fatigue lors d'une campagne le 21 mars 1704.
François Le Moyne de Bienville I, né le 16 mars 1666, officier des troupes de la Marine, tué le 6 juin 1691 à Repentigny en combattant les Iroquois.
Joseph Le Moyne de Sérigny, né le 22 juillet 1668, mort en 1734. Capitaine de vaisseau, commandant général de la Louisiane.
François-Marie Le Moyne de Sauvole, né le 22 septembre 1670, enseigne de vaisseau mort à son poste au fort de Biloxi en Louisiane.
Louis Le Moyne de Châteauguay I, né le 4 janvier 1676 ; enseigne de vaisseau, tué en 1694 devant Fort-Nelson dans la Baie d'Hudson.
Gabriel Le Moyne d'Assigny, né le 11 novembre 1681, garde de la Marine mort au cours d'une campagne à Saint-Domingue.
Jean-Baptiste Le Moyne de Bienville (1680-1767), héros de la Nouvelle-France, fondateur de La Nouvelle-Orléans.
Antoine Le Moyne de Châteauguay II, né le 17 juillet 1683, mort en 1747. Capitaine des troupes de la Marine. Gouverneur de la Martinique, de la Guyane puis de l'Île Royale.
Jeanne Le Moyne, épouse de Pierre Payen de Noyant, lieutenant de vaisseau, mort à son bord.
Marie-Anne Le Moyne, épouse de Jean-Baptiste Bouillet de La Chassaigne, major des troupes de la Marine au Canada.
Selon les archives de la ville et les travaux de l'anthropologue Marcel Trudel, Charles LeMoyne posséda au minimum huit esclaves soit : François, Marie-Élizabeth, Marie-Charlotte (noirs) ainsi que Marie-Joseph, Marie-Charlotte, Joseph, Jacques-Charles (autochtones,panis). Plusieurs membres de sa famille possédèrent également plusieurs esclaves.

Notes et références
Il y a différentes orthographes du nom, Lemoine étant la plus courante, et il est sieur de Longueil qui est un village à une douzaine de km de Dieppe.
Jean-Jacques Lefebvre, « LE MOYNE DE LONGUEUIL ET DE CHÂTEAUGUAY, CHARLES [archive] », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 1, Université Laval/University of Toronto, 2003–
Léo-Paul Desrosiers, L'Iroquoisie.
Relations des Jésuites, 1647–1655.
Whatever Charles Le Moyne could gather together was not spent in riotous living, as was the case with so many of his contemporaries, but was invested in productive improvements. That is the way in which he became the owner of a model seigneury. » William Bennett Munro, The seigneurs of old Canada : a chronicle of New-World feudalism, 1915, p. 81 [archive]
charles Le Moyne n’a jamais été seigneur de Longueil en France, mais bien seigneur de Longueuil au Québec.

Bibliographie
Cyrille de Germain, Les Germain en Nouvelle-France, L'Assomption (Québec), Éditions Point du jour, 2012.
Charles La Roncière, Une épopée canadienne, Paris, La Renaissance du livre, coll. « La Grande Légende de la mer », 1930, 255 p.
Joseph Marmette, Les Machabées de la Nouvelle-France : histoire d’une famille canadienne, 1641-1748, Québec, Léger Brousseau, 1878, 180 p. (lire en ligne [archive])
Jean-Jacques Lefebvre, «LE MOYNE DE LONGUEUIL ET DE CHÂTEAUGUAY, CHARLES [archive]», Dictionnaire biographique du Canada, Université Laval/University of Toronto, 1966 (révisé 1986).
Michel Pratt, Dictionnaire historique de Longueuil, Éditions Histoire Québec, coll. « Société historique et culturelle du Marigot », 2015, 576 p.
Michel Pratt, (dir.) Longueuil sous le Régime français, Charles Le Moyne, notice biographique, cartes de France, baptêmes. mariages, sépultures paléographiés. actes notariés paléographiés, généalogie familiale [archive].
Michel Pratt, Histoire populaire de Longueuil, Titre de noblesse de Charles Le Moyne [archive]
Michel Pratt, Histoire populaire de Longueuil, Les enfants de Charles Le Moyne [archive]
Chronologie détaillée et personnage de la famille Le Moyne [archive]
Marcel Trudel, Deux siècles d'esclavages au Québec,Québec (Québec) Éditions Hurtubise HMH ltée, 2004, 405p.
Annexes
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Articles connexes
Picoté de Belestre, famille amie dont le destin croise celle des Le Moyne.
Liste des seigneurs de Longueuil
Collège Charles-Lemoyne