Né le 29 août 1893 à Saint‑Théodore‑d’Acton, en Montérégie, Joseph Tessier grandit dans une famille instruite et respectée : son père, Henri Tessier, est notaire public et écuyer, tandis que sa mère, Malvina St‑Germain, appartient à une lignée rurale solidement établie. Baptisé deux jours après sa naissance, Joseph passe son enfance dans un Québec encore profondément agricole, mais déjà traversé par les aspirations de modernité.
En 1906, la famille quitte le Québec pour s’établir dans l’Ouest canadien, suivant le vaste mouvement de colonisation encouragé par le gouvernement fédéral. Joseph a alors treize ans. Il découvre les grandes plaines de l’Alberta et de la Saskatchewan, territoires neufs où tout reste à bâtir. En 1916, on le retrouve à Battle River, Alberta, vivant encore avec ses parents, selon le recensement canadien .
Lorsque éclate la Première Guerre mondiale, Joseph est en âge d’être enrôlé, mais son mariage imminent l’exempte de service militaire, comme c’était le cas pour de nombreux jeunes hommes mariés ou sur le point de l’être. Le 16 juillet 1917, à Estevan, en Saskatchewan, il épouse Blanche Gervais, âgée de dix-neuf ans, fille de Léon Gervais et Paméla Vachon. Ensemble, ils forment une famille nombreuse, typique de l’époque : dix enfants naîtront de cette union, bâtissant une lignée Tessier‑Gervais solidement enracinée dans les Prairies.
Joseph poursuit sa vie dans l’Ouest, témoin de la transformation rapide de ces provinces : l’essor agricole, l’arrivée du chemin de fer, puis l’urbanisation progressive. Il s’éteint en 1982, à Edmonton, en Alberta, à l’âge de 89 ans . Son parcours, marqué par l’exode vers l’Ouest et la fondation d’une grande famille, incarne l’une des grandes trajectoires canadiennes-françaises du XXᵉ siècle : celle de pionniers qui ont quitté le Québec pour ouvrir de nouveaux horizons, tout en préservant leur langue, leur foi et leur solidarité familiale.
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