lundi 11 mai 2026

Michel TESSIER et Rose Bélinge

 Né le 9 juillet 1797 à Châteauguay, Michel Tessier est le fils de François Tessier et Marguerite Sylvestre, au sein d’une fratrie de douze enfants. Forgeron de métier, il appartient à cette génération d’artisans ruraux de la vallée du Saint‑Laurent pour qui le travail du fer soutient à la fois l’agriculture, le transport et la vie communautaire.

Le 10 janvier 1826, à Saint‑Timothée, il épouse Rose Bélinge, alors âgée de 18 ans. Le couple s’établit dans la région et y voit naître quatorze enfants, témoignant d’une implantation familiale solide dans la Montérégie.

Lors des troubles de 1837‑1838, Michel Tessier se trouve entraîné dans les événements qui secouent la région de Saint‑Constant. Le 3 novembre 1838, des Patriotes y désarment les Volontaires, puis une fusillade éclate à la rivière à la Tortue, faisant un mort (Aaron Walker) et un blessé (Vitty). Le lendemain, près de 200 Patriotes se rassemblent sous le commandement de Médard Hébert, avant de rejoindre le grand camp de Napierville. Dans ce climat de tension, Michel Tessier est arrêté pour participation aux émeutes et demeure emprisonné à Montréal jusqu’au 2 février 1839. Comme plusieurs artisans et cultivateurs de la région, il semble avoir été entraîné dans le mouvement davantage par solidarité locale que par engagement idéologique structuré.

Après ces événements, la famille Tessier poursuit sa vie en Montérégie jusqu’au décès de Rose Bélinge, survenu neuf ans avant le départ de Michel pour les États‑Unis. Veuf, il quitte finalement le Bas‑Canada avec certains de ses enfants pour s’établir dans le sud de l’Illinois, à Villa Ridge, une petite localité agricole située entre Cairo et Anna. Ce déplacement s’inscrit dans le vaste mouvement d’émigration canadienne‑française vers le Midwest américain au milieu du XIXᵉ siècle, motivé par la recherche de terres, de travail et d’un nouveau départ.

Michel Tessier meurt à Villa Ridge le 10 octobre 1870 et repose dans le cimetière local. Son parcours, marqué par le métier de forgeron, une large descendance, un épisode politique mouvementé et une migration tardive vers les États‑Unis, illustre la trajectoire complexe de nombreux Canadiens français de sa génération, pris entre les remous de l’histoire et les nécessités de la vie familiale.




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